• Ruines de Saint-Pierre

    Saint-Pierre

    Présentation

    Saint-Pierre est-elle éternelle ? La question se pose lorsqu’on découvre la ville et la vigueur de ses habitants. Pourtant, difficile de ne pas ressentir une profonde nostalgie face aux ruines qui rappellent la matinée du 8 mai 1902, quand la ville fut réduite en cendres. À l’époque, Saint-Pierre était une cité équipée, à la mode « européenne », où vivaient la bourgeoisie locale et les riches planteurs, enrichis au fil des siècles par l’exportation des richesses du sol. Pourtant, on répondra oui à cette question, car lorsque la ville s’est effondrée, la Vierge des Marins, perchée au sommet, s’est renversée… mais est restée intacte, comme un symbole de résilience.

  • Histoire

    Saint-Pierre est une commune du nord caraïbe de la Martinique. Elle est située au nord du Carbet et Fonds-Saint-Denis, à l'ouest du Morne-Rouge, Ajoupa-Bouillon et Basse-Pointe et au sud de Macouba et Grand'Rivière et le Prêcheur

    Saint-Pierre doit son nom à l'apôtre éponyme, le saint patron de son fondateur Pierre Belain d'Esnambuc.

    L'histoire de Saint-Pierre remonte aux débuts de l'île. Le 15 septembre 1635, le flibustier Pierre Belain d'Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre avec 150 hommes prévus pour coloniser l'île. C'est la première colonisation permanente de la Martinique par des Européens.

    Après s'être installés dans la région de Saint-Pierre, les premiers colons de Martinique partent à la conquête du reste de l'île. Ils souhaitent réduire en esclavage les Indiens Caraïbes qui s'y trouvent, mais ceux-ci fuient les lieux ou préfèrent encore se suicider sur un lieu aujourd'hui symbolique du nord de la commune, le Tombeau des Caraïbes. Cette dernière information s'est révélée être une légende, mais le lieu existe cependant.

    Peu après l'installation des Français, ces derniers construisent un fort, une église, un port de commerce et des habitations. Diverses cultures alternent en fonction des produits phares du moment : tabac, roucou, indigo, cacao puis la canne à sucre vers la moitié du 17ème siècle.

    Saint-Pierre prospère en même temps. Elle devient la ville des élites, de la riche bourgeoisie coloniale. Elle est dès le départ la capitale administrative de l'île car elle est la ville d'accueil du Palais du Gouverneur. L'hôpital a été établi en 1665. 

    En 1671, la ville est détruite par un incendie.

    En 1692, le Palais du Gouverneur est transféré à Fort-Royal et Saint-Pierre perd ainsi son statut de capitale administrative mais reste la capitale économique et le centre culturel de la Martinique jusqu'en 1902.

    En 1760, la ville se dote d'une chambre de commerce et d'agriculture qui envoie un député à Paris.

    20 ans plus tard, en 1780, un fort ouragan produit un raz-de-marée de 7,6 mètres qui inonde la ville en détruisant toutes les maisons et tue 9000 personnes.

    En 1789, les Pierrotins soutiennent le pouvoir révolutionnaire contre les Békés qui sont partisans de la Royauté.

    Saint-Pierre s'était développée grâce à l'industrie sucrière et au commerce d'esclaves. La ville attire des navires et des marchands du monde entier. Une riche bourgeoisie commerçante prend essor qui fait construire des maisons de campagne au-dessus de Saint-Pierre au Morne-Rouge pour profiter de la fraîcheur le dimanche. Ils modernisent la ville en la dotant d'équipements publics et de loisirs n'ayant rien à envier à ses modèles européens.

    Surnommée le « Petit Paris », le « Paris des Isles », la « Perle des Antilles » ou encore la « Venise tropicale ». Saint-Pierre était aussi bien la capitale économique et culturelle de toutes les Antilles.

    En 1900, c'est la seule ville de la Caraïbe qui possède un réseau d'éclairage électrique, un tramway hippomobile, une chambre de commerce, l'un des premiers asiles soignant les aliénés, un jardin botanique, un port très actif et un théâtre de 800 places construit en 1786 sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux.

    Déficitaire, le théâtre est fermé en 1901.

    La ville de Saint-Pierre au sommet de sa gloire allait pourtant être réduite en cendres. Le 8 mai 1902, le volcan de la Pelée entre en éruption et détruit grandement la ville. Tous ses habitants sont tués soit victimes de la forte explosion qui a précédé le volcan, les odeurs de la nuée ardente ou encore les coulées de lave. L'éruption de la Pelée fera 32 000 victimes et deviendra la plus grosse catastrophe naturelle de l'histoire de l'île. Seuls 3 survivants résistent à la tragédie.

    Plusieurs éruptions auront lieu la même année mais comme la ville s'était vidée de ses habitants, les victimes ont été moindres par la suite. Les dégâts matériels seront encore plus importants lors de l'éruption d'août que celle du 8 mai 1902.

    Fort-de-France devient la seule capitale de la Martinique. Elle concentre à la fois les pouvoirs administratifs et devient le cœur économique de l'île. L'État français organise un pillage pour récupérer l'or et les numéraires des banques de Saint-Pierre. Même les bijoux se trouvant sur les cadavres sont arrachés avec la promesse (non tenue) de les restituer aux familles des défunts.

    Les fontaines, statues, les marbres et même les canons sont prélevés.

    Saint-Pierre reste inhabitée pendant des années. Le 15 Février 1910, Saint-Pierre est rayée de la carte des communes de France.

    Il faut attendre les années 1920 pour que les premiers habitants reviennent s'installer dans la ville et 1923 pour que Saint-Pierre redevienne à nouveau une commune. Elle est progressivement reconstruite. La Chambre de commerce est reconstruite à l'identique et est actuellement l'un des plus beaux ouvrages architecturaux de la ville.

    En 1990, Saint-Pierre est labellisée ville d'Art et d'Histoire. Le 8 Mai, journée fériée en Martinique pour commémorer l'armistice de la Seconde Guerre mondiale, est également une journée pour se remémorer la plus grosse catastrophe naturelle de l'île.

    Aujourd'hui, Saint-Pierre, ville d'Art et d'Histoire attire de nombreux touristes.

    Économie

    Les principales sources de revenus de la ville de Saint-Pierre reposent essentiellement sur son patrimoine historique et culturel. La commune mise beaucoup sur son statut de « Ville d’art et d’histoire » pour attirer les visiteurs. Détruite par les éruptions de 1902, elle fascine par son passé, elle qui fut autrefois surnommée le « Petit Paris des Antilles » avant de devenir un champ de ruines. Certains bâtiments ont été reconstruits à l’identique, comme la chambre de commerce, tandis que d’autres, comme le théâtre, sont restés figés dans leur état de destruction.

    Des monuments ont été érigés pour garder la mémoire de ces jours tragiques, et plusieurs musées présentent des pièces d’époque pour ne pas oublier l'horreur qui a frappé la ville. Malgré les revenus liés au tourisme, la ville fait face à des défis structurels. Le secteur des services, bien qu’étant le principal moteur économique, ne suffit pas à couvrir les coûts d’entretien des monuments ni à assurer la gestion quotidienne de la commune. 

    Pendant plusieurs années, les finances étaient dans le rouge, obligeant la ville à faire des coupes budgétaires importantes pour tenter un redressement. Aujourd’hui, elle s’est engagée auprès du ministère chargé des Outre-mer à améliorer sa situation financière et à réduire les délais de paiement aux fournisseurs locaux, en échange d’un soutien de l’État.

    Quartiers

    Les principaux quartiers de la commune sont Quartier des 3 Ponts, Habitation Plaisance, Pécoul, Perinelle, Saint James et Savane du Fort.

Liste des lieux à visiter

  • Bureau du patrimoine

    Le bureau du patrimoine organise un parcours historique du quartier du Mouillage. Durant plus d'une heure, un guide vous racontera l'…

  • Papa D'lo

    Jean-Yves Imbert, le président fondateur de Papa D'lo, passionné par la ville de Saint-Pierre et ses nombreuses épaves vous guidera dans la baie. Ce grand connaisseur qui a notamment rédigé Les épaves du…

sites historiques

  • Centre de découverte des Sciences et de la Terre

    Le Centre de Découverte des Sciences de la Terre du Conseil Général de la Martinique a été inauguré en 2004. C'est…

  • Église du Mouillage

    Attention, l'Église du Mouillage est actuellement en travaux. Le site n'est pas accessible temporairement.

    Le quartier du Mouillage doit son nom au fait que la…

  • Les ruines de Saint-Pierre

    Au-delà des années, la ville de Saint-Pierre a conservé les traces de la terrible…

  • Manman Dlo et Yemaya

    Manman Dlo est une sculpture sous-marine présente dans la ville de Saint-Pierre. Manman Dlo signifie « sirène des mers martiniquaise » en créole. Elle est inspirée des…

  • Tombeau des Caraïbes

    Situé à 5 km au nord de Saint-Pierre, le Tombeau des Caraïbes doit son nom au fait que selon la légende, les derniers Caraïbes auraient préféré sauter de cette falaise et…

  • Vierge des marins

    La Vierge des marins a été érigée en 1870. Elle faisait à l'époque plus de 8 tonnes et se trouvait à 7 km de la Montagne Pelée.

    Elle s'est renversée face contre terre…

distilleries

  • Distillerie Depaz

    Le 8 mai 1902, la famille Depaz disparaît lors de l'éruption de la Montagne Pelée qui détruit la ville de Saint-Pierre par la même occasion. Seul membre de la famille Depaz,…

musées

  • Musée Frank A. Perret

    Situé à l'emplacement de l'ancienne batterie d'Esnotz, le Musée Frank A. Perret également appelé Musée de la catastrophe de 1902 qui domine la mer a été ouvert en 1933 par la…

Plus d'informations

  • Logo de Saint-Pierre
    Saint-Pierre
    Maire :
    Christian Rapha
    Code postal :
    97250
    Nombre d'habitants :
    4 119 hab. (2022)
    Superficie :
    38,72 km²