Joseph Zobel est un homme de lettres, romancier et poète martiniquais. Né à Rivière-Salée en 1915, il est l'un des écrivains prépondérants de la littérature antillaise. De son enfance modeste, il a tiré le roman au succès mondial, La Rue Cases-Nègres. Porté à l'écran par Euzhan Palcy, cinéaste martiniquaise, l'histoire de José, ce jeune qui découvre l'école et sa grand-mère M'man Tine qui l'élève, travaillant dans les champs de canne à sucre.
Dans une Martinique encore coloniale, entièrement dépendante de l'économie sucrière, la grand-mère se bat pour que son petit-fils évite la vie modeste des travailleurs de champs de canne à sucre. Elle l'inscrit à l'école, facteur d'immenses espoirs à l'époque. Elle se réjouira ensuite de la réussite de son petit-fils qui aura la chance d'aller au lycée de Fort-de-France et d'y obtenir son bac. Le livre La Rue Case-Nègres publié pour la première fois en 1950 recevra le Prix des Lecteurs et connaîtra un succès et une renommée importants.
Brillant élève, Joseph Zobel voit ses espoirs d'intégrer l'école d'architecture de Paris, brisés par l'administration coloniale. Il n'obtient pas de bourse alors que ses ressources sont insuffisantes pour les financer. Il s'imprègne du monde rural en obtenant un premier emploi au service des Ponts et Chaussées où il côtoiera notamment les pêcheurs du Diamant. Il avait déjà rencontré les employés de canne à sucre dans son enfance.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale, ne pouvant quitter la Martinique en raison du blocus qui empêchait aux Antillais de partir en métropole, il travaille au Lycée Schoelcher, d'abord comme aspirant répétiteur puis comme maître d'internat. Il rédige quelques nouvelles qu'il fait lire à ses amis. L'un d'entre eux, professeur d'éducation physique et sportive les portera au journal « le Sportif » qui les publiera avec un certain succès populaire. Le Martiniquais apprécient cet auteur qui met en scène sa propre société, ses traditions, ses coutumes dans céder dans l'exotisme facile.
Aimé Césaire alors jeune enseignant de lettres dans le même lycée l'encourage à écrire un roman. En 1942, il écrit : « Diab'la », histoire d'un paysan qui décide de conquérir sa liberté par le travail de la terre auprès d'une communauté de pêcheurs dont il partage la vie. Le roman sorti sous l'Amiral Robert, représentant du Gouvernement de Vichy en Martinique sera d'abord censuré avant d'être publié en 1947.
En 1946, il part à Paris pour reprendre ses études. Il suit des cours de littérature, d'art dramatique et d'ethnologie à la Sorbonne. Il est également professeur adjoint au Lycée François Ier de Fontainebleau. C'est également dans cette ville qu'il vivait avec sa femme et ses 3 enfants.
En 1950, il publie la Rue Cases-Nègres et les romans Les Jours immobiles et la Fête à Paris.
En 1957, porté par son désir de connaître l'Afrique, Joseph Zobel s'installe à Dakar où il enchaînera les postes de surveillant général du lycée Van Vollenhoven puis producteur d'émissions éducatives et culturelles à la Radio du Sénégal dont il créé le service culturel. Ses émissions rencontrent un franc succès dans toute l'Afrique Occidentale Francophone.
Certaines anecdotes de sa vie au Sénégal sont relatées dans les recueils Et si la mer n'était pas bleue publié en 1982 et Mas Badara en 1983.
En 1974, il prend sa retraite dans un village du Gard, Générargues. Il poursuit son travail littéraire de façon originale en réécrivant ses romans Les Jours immobiles devient Les Mains pleines d'oiseaux et La Fête à Paris, Quant la neige aura fondu.
En 1995, il publie à compte d'auteur d'Amour et de silence un livre d'art avec des poèmes inédits, extrait de son journal personnel et aquarelles. Ses deux derniers libres sont publiés en 2002 : Gertal et autres nouvelles (ensemble de 5 nouvelles inédites et des extraits de son journal tenu de 1946 à 2002, et Le Soleil m'a dit qui recueille l'ensemble de ses poèmes.
Il meurt le 17 juin 2006 à Alès dans le Gard. Aujourd'hui, le lycée de sa commune de naissance, Rivière-Salée porte son nom.